Sois à moi!
Sois à moi!
Dois-je à la poésie abandonner la prose
Pour satisfaire tes sens et combler ton émoi,
Me faut-il imprégner le parfum de la rose
D'effluves capiteux pour que tu sois à moi?
Pour que tu sois à moi, vierge je veux renaître,
De ma résurrection l'habitude bannir!
Nu dans ma mémoire, de toi je veux connaître
Renouveau que, séduit, je puis redéfinir.
Je puis redéfinir la fantaisie d'aimer
Pour lui attribuer sa raison d'exister,
La nommer de ton nom, de désir l'enflammer
Pour de toute argutie la voir se désister.
La voir se désister de quelque tempérance
Qui serait frustration pour un triste abstinent,
Car de la modérer ne serait que souffrance!
Alors, nous retarder serait-ce pertinent?
Serait-ce pertinent d'ainsi m'abandonner
A la patience, débonnaire et esclave,
D'attendre quand nos corps aspirent à donner
Naissance à un bonheur qui ne connait entrave?
Ne connait entrave? Insolent il se nomme,
Déjà il jubile et exigence est sa loi!
Belle, tu es femme, moi je ne suis qu'un homme,
Partage ma folie et donne-toi à moi!